Étang-Salé-les-Bains : sable noir, bassin Pirogue, le Gouffre et la forêt

L’Étang-Salé n’est pas dans le Sud sauvage : on est déjà vers la côte ouest. Mais c’est dans le rayon que je conseille à mes voyageurs, parce qu’on y trouve de quoi remplir une journée avec des plaisirs variés : une belle grande plage de sable noir, une anse avec un récif coralien, une forêt de filaos où l’on peut se balader à l’ombre, un gouffre où l’océan s’engouffre en rugissant, et une “forêt” de cairns unique. Ajoutez une station balnéaire charmante où il fait bon flâner, un petit marché forain (le dimanche matin), et vous avez de quoi occuper toute une journée.

L’essentiel en un coup d’œil

  • Où : l’Étang-Salé-les-Bains, une petite station balnéaire vers la côte ouest, à 35km et environ 35 minutes de route depuis Manapany-les-bains.
  • La plage : environ 1,5 km de sable volcanique — la plus grande plage de sable noir de La Réunion (source : Offices de tourisme du Sud).
  • Où l’on se baigne : au bassin Pirogue, à l’extrémité sud, protégé par une barrière de corail, et dans la petite zone surveillée sur la grande plage de sable noir. Partout ailleurs, au nord, la baignade est interdite.
  • Les curiosités : le Gouffre, au sud de la station — et, 600 mètres plus loin sur le sentier littoral, la forêt de cairns, des centaines d’empilements de pierres au bord de l’océan.
  • L’ombre : la forêt domaniale, plus de 900 hectares de filaos, avec 41 km de sentiers pédestres balisés.
  • Attention : le sable noir devient brûlant au soleil. Des sandales ne sont pas un luxe.
l'Étang-Salé, Sud sauvage de La Réunion

Avant tout : où l’on a le droit de se baigner, et pourquoi

Je commence, comme toujours, par un rappel des règles concernant la baignade à la Réunion.

À La Réunion, un arrêté préfectoral du 8 février 2017 interdit, dans la bande des 300 mètres du littoral, la baignade et les activités nautiques utilisant la force motrice des vagues — sauf dans les lagons, les espaces aménagés et les zones surveillées définies par arrêté municipal.

À l’Étang-Salé, ça se traduit très concrètement: la plage a deux visages. Au sud, le bassin Pirogue, protégé par une barrière de corail — on peut s’y baigner. Au nord, la plage est ouverte sur l’océan et la baignade y est interdite : courants, houle, requins.  Sauf à l’intérieur du périmètre surveillé, où la surveillance est assurée par la CIVIS avec un système de drapeaux (vert, jaune, rouge) de 8h à 18h.

Si vous voulez rester dans le Sud pour vous baigner, je fais la carte complète des endroits où l’on peut se baigner dans le Sud dans où se baigner en sécurité dans le Sud.

Le matin : la plage et la baignade

C’est le bon moment, pour deux raisons: le sable noir sur la grande plage n’a pas encore emmagasiné la chaleur de la journée, et il y a beaucoup moins de monde.

Le bassin Pirogue se trouve à l’extrémité sud de la grande plage, près du port de pêche. C’est une anse naturelle, protégée par un récif de corail.                Elle marque la limite sud de la Réserve naturelle nationale marine de La Réunion, qui remonte toute la côte ouest jusqu’à Saint-Paul.                 Pour la baignade, je conseille le côté sud du bassin (sur votre gauche en regardant la mer): on y trouve quelques endroits intéressants pour du masque et tuba: quelques coraux encore très colorés, des poissons tropicaux et même des bénitiers. Attention: on peut y trouver des oursins, des chaussons sont conseillés.

Juste après le bassin Pirogue, en direction du nord, la grande plage de sable noir s’étire sur une baie d’environ 1,5 km de long. Le gros de l’activité se concentre sur la partie sud de la plage, près du bassin pirogue. C’est là que se trouve le zone de baignade surveillée, le poste de secours, des toilettes et des douches. Et aussi de quoi se restaurer (snacks et restauration rapide). Plus vous irez vers le Nord, plus ce sera sauvage, avec moins de monde, de quoi s’installer sous les filaos pour se poser ou pique-niquer. Ou bien simplement marcher le long de l’océan.

Au plus chaud : la forêt, et pourquoi elle existe

Vers midi, le sable noir peut devenir une plaque chauffante (surtout pendant l’été austral). L’après-midi peut être le bon moment pour faire un tour en forêt.

La forêt domaniale de l’Étang-Salé fait un peu plus de 900 hectares et c’est la principale forêt des Bas sous le vent de l’île. Elle est gérée par l’ONF. Et elle n’est pas là par hasard : elle a été créée artificiellement, à partir de 1870, dans un but très précis — arrêter le mouvement des dunes de sable et l’érosion. À la fin du XIXe siècle, on y a planté des filaos par centaines de milliers pour fixer le sable. Le massif est également composé d’eucalyptus, de bois noirs, de tamarins et de flamboyants. Le paysage que vous traversez est donc entièrement fabriqué par la main de l’homme, contre le sable. Aujourd’hui, l’ONF y replante aussi des essences indigènes — porcher, var, veloutier, bois d’arnette — dans le cadre d’une restauration écologique liée notamment à la ponte des tortues marines.

Pour marcher, il y a de quoi faire : 41 km de sentiers pédestres balisés répartis en 12 boucles de 2,5 à 13 km, 17,5 km de circuits cyclistes et 41 km de circuits équestres (source : mairie de L’Étang-Salé). Il y a aussi la coulée verte, qui relie l’Étang-Salé-les-Bains à la forêt, avec des parcours pédestre, cycliste et équestre de deux à trois kilomètres chacun. Vous pouvez donc rejoindre la forêt depuis la plage à pied sans reprendre la voiture en passant par la coulée verte. L’accès (ou l’arrivée si vous venez en sens inverse) se trouve près du camping municipal de l’Etang-Salé.

Enfin, la forêt abrite le plus ancien parcours de golf de l’île (le Golf Bourbon) et son seul parc animalier (le Croc Parc – avec crocodiles de Madagascar, caméléons, serpents et jeux).

En fin d’après-midi : le Gouffre, et les cairns du sentier littoral

On garde ça pour la fin, parce que la lumière rasante sur la roche noire est autrement plus belle qu’en plein midi, et parce que c’est sur le chemin du retour.

Le Gouffre est un couloir creusé dans la roche basaltique, perpendiculaire à l’océan, au sud de l’Etang-Salé-les-Bains. Les vagues s’y engouffrent et remontent avec violence. Le phénomène est particulièrement impressionnant en cas de mer agitée. Attention: on ne franchit pas les barrières, on ne descend pas sur les rochers. Des accidents mortels s’y sont produits et la ville prend d’ailleurs régulièrement des arrêtés interdisant l’accès au site en cas de vigilance orange vagues-submersion.

On y accède en prenant la route qui longe le littoral, en direction de Saint-Louis quand on vient de l’Etang-Salé (il y a un petit parking sur la droite). On peut aussi y aller à pied en suivant le sentier du littoral depuis la sortie de la ville.

Et à environ 600 mètres au sud du Gouffre, sur le sentier littoral en direction de Saint-Louis, vous tomberez sur ce que je trouve être la vraie curiosité du coin : la forêt de cairns. Des centaines de cairns — ces empilements de pierres qui servent de repère en montagne — dressés sur environ 200 mètres de plage de galets, et dont certains impressionnent par leur défi à l’équilibre. Un spectacle unique, quelque chose qu’on ne s’attend vraiment pas à trouver en bord d’Océan, ni en si nombreuse quantité. Chacun a été monté par quelqu’un de passage. Vous pouvez donc créer votre cairns (les pierres ne manquent pas alentour) pour marquer le votre ! Comptez une vingtaine de minutes de marche depuis le parking du Gouffre. C’est le genre d’endroit qui marque et dont on se souvient.

Mes conseils avant de partir

  • Des chaussons de baignade. Le sable noir peut être brûlant au soleil. Et on peut trouver des oursins au bassin Pirogue.
  • On se baigne uniquement dans la zone surveillée de la grande plage, ou au bassin Pirogue.
  • Eloignez-vous de la zone de baignade. Pour trouver des coins plus isolés pour se poser ou pique-niquer.
  • La plage le matin. Il y a moins de monde et le sable est moins chaud.
  • Une boucle en forêt l’après-midi. La coulée verte pour rejoindre la forêt à pied depuis la plage.
  • Le Gouffre et les Cairns. De vraies curiosités, sur le sentier du littoral. A faire en fin de journée, sur le chemin du retour.

Une journée sur la côte ouest, une nuit dans le Sud

C’est le confort d’être basé au bon endroit : on va chercher la grande plage et la forêt à l’ouest dans la journée, et on rentre dormir au calme dans le Sud. À Ti Oasis, ma location saisonnière de charme avec piscine pour couples, à Manapany-les-Bains, on se pose le soir sous un kiosque au bord de la piscine.

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Questions fréquentes

Peut-on se baigner à l’Étang-Salé ?

Oui. Au bassin Pirogue, à l’extrémité sud de la plage, protégé par une barrière de corail. Et sur la grande plage de sable noir, mais uniquement dans la petite zone surveillée. Ailleurs, la baignade y est interdite (courants, houle, requins).

Pourquoi le sable de l’Étang-Salé est-il noir ?

Parce qu’il est volcanique : c’est un mélange de basalte, d’olivine et de corail, issu de l’érosion des roches de l’île. C’est ce qui lui donne ses reflets verts et or. C’est la plus grande plage de sable noir de La Réunion, sur environ 1,5 km. Conséquence pratique : ce sable emmagasine la chaleur et devient brûlant au soleil, surtout en été.

Le Gouffre est-il dangereux ?

Oui. C’est un couloir creusé dans le basalte où les vagues s’engouffrent violemment ; des accidents mortels s’y sont produits, dans un cas après franchissement d’un périmètre interdit par arrêté municipal. Ne pas franchir la barrière et ne pas descendre sur les rochers pour s’approcher au plus près.

Qu’est-ce que les cairns de l’Étang-Salé ?

Ce sont des centaines d’empilements de pierres volcaniques dressés par les promeneurs sur environ 200 mètres de plage de galets, le long du sentier littoral, à quelque 600 mètres au sud du Gouffre en direction de Saint-Louis. Comptez une vingtaine de minutes de marche facile depuis le parking du Gouffre. C’est un spectacle inattendu qui vaut le détour.

La forêt de l’Étang-Salé est-elle naturelle ?

Non. Elle a été créée artificiellement à partir de 1870 pour stopper le mouvement des dunes de sable et l’érosion : on y a planté massivement des filaos, mais aussi eucalyptus, tamarins et flamboyants. Elle couvre aujourd’hui un peu plus de 900 hectares, est gérée par l’ONF, et offre 41 km de sentiers pédestres balisés en 12 boucles de 2,5 à 13 km.

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